Changer de banque pour changer le monde

Ou le mécanisme de la création monétaire

Choisir consciemment la banque à qui nous empruntons, et où nous mettons notre argent, est un moyen d’action essentiel pour amener notre monde vers une plus grande harmonie. En effet, le système monétaire en place, très peu connu du grand public, est un des plus grands dénis de démocratie existant dans notre société.

Citation henry Ford sur création monétaire

Car le monopole de la création monétaire par les banques privées, privilège qui leur a été accordé contre toute logique démocratique et sans consultation du peuple (sans même qu’il ne soit au courant), est une des causes principales de l’appauvrissement accéléré des populations, et du surendettement des états.

Comment ça fonctionne ?

Au 17ème siècle, les orfèvres (ancêtres de nos banquiers actuels), étaient chargés de garder l’or des commerçants et bourgeois dans leurs coffres. Ils possédaient donc d’importantes réserves d’or, dont ils prêtaient une partie contre un intérêt. L’or étant lourd et dangereux à transporter, ils le prêtaient au moyen de lettres de change, qui pouvaient à tout moment être échangées contre les richesses qu’elles représentaient. Mais ces échanges avaient rarement lieu car les lettres, disposant d’une crédibilité suffisante, étaient utilisées comme une monnaie à part entière.

Illustration orfèvre pesant or

Résultat, même s’ils prêtaient l’ensemble des sommes en leur possession, il restait toujours une grande partie de l’or dans leurs coffres. Voyant que les porteurs de lettre ne venaient jamais retirer tous ensemble leur or, certains, moins honnêtes, en vinrent donc à prêter plus qu’ils n’avaient dans leurs coffres, multipliant les intérêts. C’est ainsi que les orfèvres devinrent banquiers, en prêtant de l’or qui n’existait pas.

Illustration lettres de change

Le système bancaire actuel fonctionne de la même manière. À part pendant les grandes crises (comme en 1929), les gens ne vont pas tous retirer leur argent en liquide à la banque en même temps. La banque “prête” donc beaucoup plus qu’elle n’a dans ses coffres, exactement comme l’orfèvre avec ses lettres de change (sauf que maintenant c’est complètement légal !).

Illustration lettres de change deviennent prêt bancaire

Donc lorsqu’on demande un prêt à une banque, elle n’a pas réellement l’argent qu’on va recevoir, elle le crée. On lui fait une promesse de remboursement (de 100 000 euros par exemple), qu’elle a le pouvoir de rendre utilisable immédiatement comme de l’argent réel. La banque transforme notre reconnaissance de dette en argent utilisable. C’est précisément cela qu’on appelle la création monétaire1Création monétaire : la création monétaire est le pouvoir de créer de l’argent ex-nihilo, sans aucune création de richesse réelle. Pour mieux le comprendre, voir : L’argent dette, un film en animation expliquant en profondeur ce mécanisme.. Techniquement, à la seconde où vous signez votre prêt, 100 000 euros apparaissent dans le monde sans qu’aucune richesse n’ait été créée.

Illustration création monétaire magique

Résultat, il existe dans le monde deux sortes de monnaie : la monnaie fiduciaire (les pièces et billets), qui est éditée par l’état, et la “monnaie dette” (ou encore monnaie scripturale, il s’agit de l’argent non liquide) qui représente l’ensemble des promesses de remboursement faites aux banques. Les banques n’ayant quasiment aucune limite légale à leur pouvoir de création monétaire, la “monnaie dette” représente actuellement 95% de l’ensemble de l’argent en circulation dans le monde !

Illustration argent dette = 95% de l'argent en circulation

Mais, comme chacun sait, un emprunt à la banque n’est pas gratuit. Donc si 95% de l’argent mondial représente une dette vis-à-vis des banques, il faut payer  à celles-ci un intérêt. Pour un taux d’intérêt moyen de l’ensemble des dettes en circulation d’un peu plus de 3% par an (un chiffre en dessous de la réalité), cela signifie que l’humanité doit donner 3 % de l’ensemble de l’argent existant dans le monde chaque année aux banques. Ce qui génère une incroyable fuite des réserves d’argent mondial vers le monde financier.

Illustration fuite de l'argent vers monde de la finance

Toutefois le point le plus grave est que les banques privées ont le monopole de la création monétaire. Ce monopole leur a été donné par les états sans aucune justification économique ou démocratique valable2Justification économique d’avoir donné le monopole de la création monétaire aux banques privées : la seule justification donnée est que c’est une mesure permettant de prévenir l’inflation* (définition à la fin de la note). Cet argument est un non-sens total car les banques privées ont créé infiniment plus d’argent dette que ne le faisaient les états. D’un simple point de vue mathématique, on voit immédiatement que c’est l’inverse qui arrive : la France a gardé le même besoin d’emprunter de l’argent après s’être privé du droit de création monétaire. Or elle doit depuis payer un intérêt sur cet argent, un choix qui lui a couté 1565 milliards d’euros (environ 80% du PIB français). Cet argent a été créé par les banques, et n’existerait pas si la France n’avait pas eu à leur payer d’intérêts. Conséquence : la masse monétaire a donc enflé du fait de ces emprunts, ce qui augmente considérablement le risque d’inflation ! *Inflation : lorsque la masse monétaire (argent en circulation) est supérieure à l’économie réelle (biens et services concrets), le prix de chaque chose augmente. Par exemple : dans un système ou il existe 100€, et où il n’y a que 50€ de biens a vendre, pour pouvoir dépenser tout l’argent disponible, le prix des biens doit doubler pour atteindre 100€ également. Avec la même somme, on pourra donc acheter deux fois moins de choses. Cela n’a pas toujours été le cas. En France par exemple, jusqu’en 1973, lorsque l’état était en manque de fond, il pouvait emprunter à la banque de France, au taux de 0%.

Illustration sur le prix de l'emprunt

Mais en 1973, l’état français vote une loi (“loi Pompidou3“Loi Pompidou” : ou loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France. Techniquement, cette loi n’interdit pas à l’état d’emprunter à la banque de France; elle rend cela nettement plus compliqué. Dans les faits, à partir de là, l’état se tourne vers les marchés financiers et les banques privées pour financer ses projets. L’interdiction totale de recourir à la banque de France est effective avec la signature du traité de Maastricht en 1993. Pour en savoir plus, c’est ici”) qui marque le début d’un processus qui finira par l’interdiction légale d’emprunter auprès de la banque de France. À chaque nouvel emprunt, il est alors obligé d’avoir recours à des banques privées, payant un intérêt élevé qu’il n’avait pas à débourser avant. Il faut savoir qu’en 1973, la dette de l’état français était (à peu de chose près) inexistante. Aujourd’hui le remboursement du seul intérêt de la dette représente la première dépense de l’état, devant l’Éducation Nationale et la Défense4Première dépense de l’état : la charge de la dette coûte 46,7 milliards à l’état en 2014, juste devant l’éducation nationale à 46,3 milliards d’euros (source : l’express). Il est à noter que cela ne représente que le paiement des intérêts de la dette, et pas le remboursement de la dette elle même. La charge totale de la dette était par exemple en 2011 de 143 milliards d’euros (dont 55,3 milliards d’intérêts, et 87,7 milliards de remboursement)..
.

Illustration budget de l'état et charge de la dette

Or, l’ensemble des intérêts que la France a payé aux banques depuis 1973, représente plus de 80% de la dette actuelle de l’état qui est de l’ordre de deux milliards d’euros (ce qui représente l’équivalent PIB français). On peut donc imaginer que s’il avait continué à ne pas payer de taux d’intérêt, l’état français n’aurait quasiment pas de dette aujourd’hui !

tableau courbe de la dette comparé au cumul des intérêts à payer

Répartie sur la population, la dette de l’état est de 30 000 €  par français5Dette par français : La dette de l’état est de 30 000 euros par français. Elle est donc payée par nous de manière directe, au travers de l’impôt. Mais aussi de manière indirecte, dans la baisse de la qualité des services de l’état (un budget supérieur à celui de l’Éducation Nationale est alloué à la dette, et n’est donc pas utilisé ailleurs).
La coût de la dette pour chacun de nous semble quasiment invisible car il n’est pas retiré directement de notre compte bancaire, comme le serait un emprunt personnel. Pourtant, Il faut savoir que la dette des ménages est d’environ 15 000 euros par français. Les français remboursent donc en moyenne deux fois plus pour les emprunts de l’état que pour leur propres emprunts !
. Cela signifie que chaque français devra en moyenne payer (notamment au travers de l’impôt) 30 000 euros aux banques et aux marchés financiers dans l’avenir.

Illustration dette de l'état par français

On cite souvent le trou de la Sécu ou encore la SNCF comme responsable de notre dette nationale, alors que notre dette est la conséquence mécanique de l’obligation d’emprunter aux banques privées.

Illustration d'ou vient la dette ?

Or ce choix économique ne répond à aucune nécessité ! La nation n’a absolument aucun avantage à se priver du pouvoir de création monétaire au profit des banques. La logique la plus élémentaire voudrait que ce pouvoir reste le privilège de l’état, et non celui d’intérêts privés. C’est là l’un des plus grands dénis démocratiques actuels6Un déni démocratique : l’article 6 de la déclartion des droits de l’homme et du citoyen (qui est placée en préambule de notre constitution)dit que “la Loi est l’expression de la volonté générale”… Et l’article 14 que “tous les Citoyens ont le droit de constater (…) la nécessité de la contribution publique, (et) de la consentir librement”. Or une loi qui canalise une part des richesses d’une nation vers les mains du monde financier, et qui nécessite pour cela la création de nouveaux impôts, ne peut être au service de la population et avec l’assentiment de celle-ci (l’impôt sur le revenu, créé la même année que la “loi Pompidou”, servait pendant des années à couvrir le coût de l’intérêt de la dette ; aujourd’hui il n’y suffit plus). De fait, la loi qui permet cela actuellement, l’article 123 du traité de Lisbonne, a été refusée par référendum avec le reste du traité (qui sera imposé peu après à l’encontre du vote du peuple).
Ces dénis démocratiques sont graves, et mettent en question la légitimité de l’état (article 16 de la déclartion des droits de l’homme et du citoyen : “Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.”, c’est à dire pas de légitimité démocratique).
Mais le point le plus grave, c’est que le fait que l’état soit dépendant pour ces emprunts du bon vouloir des banques et des marchés financiers, donne à ces derniers un pouvoir de pression énorme sur les orientations de l’état. Surtout que l’état souscrit de nouveaux emprunts à hauteur d’environ 10% du PIB français (environ 200 milliards) chaque année, quasiment exclusivement pour le service de la dette. Résultat, les négociations pour avoir les taux d’intérêts les plus bas possibles se font en contrepartie d’une bienveillance politique pour le monde financier extrêmement néfaste pour le reste de la population. Dans les faits, la défiscalisation de la frange la plus riche de la population coûte presque autant au pays que la dette elle-même. Le coût politique du fait de donner le monopole de la création monétaire aux banques privées est donc encore plus lourd que son coût économique.
. Car cette politique économique, mise en place sans consultation du peuple (et sans même qu’il ne le sache), se fait au détriment de la quasi-totalité des habitants du pays (banquiers et financiers exceptés), avec des conséquences profondément néfastes pour le bien-être global de la société.

Illustration l'illégitimité du pouvoir de création monétaire des banques privées

Mais la France n’est pas un exemple isolé. L’article 123 du traité de Lisbonne7Article 123 du traité de Lisbonne : “Il est interdit à la Banque Centrale Européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées “banques centrales nationales”, d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.” (la constitution européenne à laquelle les français ont voté “Non” par référendum, mais qui a été imposée par voie interne), stipule qu’il est interdit à tout état membre de l’union européenne de contracter des emprunts par le biais de la banque européenne ou de leur banque nationale. Les états sont obligés d’emprunter aux banques privées au prix fort. Il en est de même aux États-Unis, et dans la plupart des autres pays.

Illustration Comment en est-on arrivé là ?

Il a fallu beaucoup de pression, de lobbying et de manipulation pour faire adopter aux états un fonctionnement qui nuisait si profondément à l’intérêt de leurs peuples. Manigances, corruption des leaders politiques, aller-retours des hauts cadres dirigeants du monde bancaire entre leurs banques et les postes clefs des gouvernements en place… Le sujet est quasiment inépuisable, et prendrait trop de place pour être développé ici (plus d’infos8: Comment en est-on arrivé là ? : les procédés qui ont permis aux banques de prendre tant de pouvoir sur les nations sont différents pour chaque pays, et souvent mal connus car, étant donné la nature anti-démocratique de l’objectif, tout se passe en coulisses.
Le cas le plus emblématique (et le mieux documenté) est le cas américain : en 1910, les leaders du monde bancaire se sont réunis afin de définir l’avenir financier qu’il souhaitaient mettre en place dans le monde : notamment, prendre le monopole de la création monétaire. Par manipulation, corruption et pression (inévitable pour faire passer une proposition qui allait à l’encontre de tous les intérêts du pays), ils ont obtenus qu’une loi reprenant leurs propositions soit votée par le parlement américain en 1913. Dés lors, la création monétaire devenait le monopole des banques privées, et la banque fédérale américaine elle même était privatisée (elle appartient aujourd’hui encore aux mêmes grandes familles).
Cela signifie que le dollar est créé et édité par une banque privée.
Un des autres facteurs qui a permis cela, ce sont les allers-retours des hauts cadres du système bancaire avec le monde politique. Un exemple actuel, une grande partie des postes clefs de l’économie européenne sont occupés par des anciens cadres la banque Goldman & Sachs, en grande partie responsable (voir le documentaire “inside the job”). et grande gagnante de la crise de 2008. Lien
).

Illustration Comment agir ?

Le système bancaire actuel nuit gravement au bien commun. Chaque emprunt, chaque dépôt, que nous faisons augmente sa puissance. Mais la manière dont nous utilisons chaque euro contribue à déterminer le monde dans lequel nous vivons. Et en tant qu’usagers du système bancaire, notre pouvoir est immense car nous pouvons choisir où va notre argent. Un système que personne ne soutient s’effondre de lui-même.

Illustration chaque euro est un bulletin de vote

Il y a donc un enjeu déterminant dans la banque que nous choisissons. Car il existe des banques qui ne contribuent pas ou peu aux abus que nous avons vu. La Banque Postale qui gère les dépôts qu’elle a en réserve de manière assez raisonnée par exemple. Surtout, il existe de vraies alternatives, notamment les banques éthiques.

Illustration "ce que les banques font de notre argent"

Alors c’est quoi une banque éthique ? C’est une banque qui n’a pas d’activité déconnectée de l’économie réelle. Les domaines qu’elle finance sont respectueux de l’humain, du vivant et des générations futures. Cela signifie qu’elle refuse la spéculation financière et l’opacité des circuits financiers traditionnels9Circuits financiers traditionnels : quand vous déposez votre argent à la banque, il est entreposé avec l’argent de tous les autres clients. Les banques utilisent cet argent en le réinjectant dans l’économie pour faire des prêts, financer les activités des entreprises et des particuliers, etc. Les moins éthiques n’hésitent pas à financer des projets extrêmement néfastes pour le bien commun. Deux exemples parmi une multitude d’autres : si vous êtes chez BNP Paribas, votre argent sert entre autre à financer des producteurs de bombes à sous munition (ex : Thales), si vous êtes au Crédit Agricole, des producteurs d’armes à l’uranium appauvri (ATK), etc…
. Chaque épargnant peut choisir à quel secteur sera alloué ses finances (écologique, social, ou culturel). Elle respecte leurs choix et s’engage à présenter l’ensemble des opérations bancaires qu’elle a effectué : la transparence est totale.

Illustration banque à logique éthique Vs logique du profit

Pour garantir cela, elle prend la forme d’une coopérative, possédée par ses usagers (et donc non cotée en bourse). De par ses statuts, chaque sociétaire a une voix au vote, et ce quel que soit son nombre de parts. C’est la garantie du maintien de son éthique : cela signifie qu’aucune entité économique ne peut en prendre le contrôle .

En France, “la NEF” est la seule banque répondant à tous les critères définissant une banque éthique. Toutefois il y a également le Crédit Coopératif qui a un impact positif sur le bien commun.

Tableau du niveau d'éthique des différentes banques

La majorité des français ne change jamais de banque. C’est pourtant une démarche rapide et plutôt simple, surtout au regard de l’impact qu’elle peut avoir.

Illustration changer de banque prend environ trois heures

Il existe aussi d’autres solutions pour ne pas “emprunter” aux banques et pour placer son argent. Comme les “cigales” : il s’agit d’un groupe de personnes qui placent x euros par mois sur un compte commun, et qui se servent de l’argent accumulé pour accorder des prêts aux personnes ou projets correspondant au mieux à leurs attentes éthiques. Il y a même des gens qui vivent sans banque !

Illustration on peut vivre sans argent

Mais il est aussi vital que ces informations circulent. Le processus de création financière est quasiment inconnu du grand public, alors qu’il impacte très profondément notre vie. Or, c’est parce que la population ne sait pas que ça existe, que ça peut exister. Une fois cela de notoriété publique, il sera alors temps d’interpeller nos élus, de demander un débat public et de remettre en cause les lois qui cautionnent cet état de fait.

Illustration exponentialité du partage

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References   [ + ]

1. Création monétaire : la création monétaire est le pouvoir de créer de l’argent ex-nihilo, sans aucune création de richesse réelle. Pour mieux le comprendre, voir : L’argent dette, un film en animation expliquant en profondeur ce mécanisme.
2. Justification économique d’avoir donné le monopole de la création monétaire aux banques privées : la seule justification donnée est que c’est une mesure permettant de prévenir l’inflation* (définition à la fin de la note). Cet argument est un non-sens total car les banques privées ont créé infiniment plus d’argent dette que ne le faisaient les états. D’un simple point de vue mathématique, on voit immédiatement que c’est l’inverse qui arrive : la France a gardé le même besoin d’emprunter de l’argent après s’être privé du droit de création monétaire. Or elle doit depuis payer un intérêt sur cet argent, un choix qui lui a couté 1565 milliards d’euros (environ 80% du PIB français). Cet argent a été créé par les banques, et n’existerait pas si la France n’avait pas eu à leur payer d’intérêts. Conséquence : la masse monétaire a donc enflé du fait de ces emprunts, ce qui augmente considérablement le risque d’inflation ! *Inflation : lorsque la masse monétaire (argent en circulation) est supérieure à l’économie réelle (biens et services concrets), le prix de chaque chose augmente. Par exemple : dans un système ou il existe 100€, et où il n’y a que 50€ de biens a vendre, pour pouvoir dépenser tout l’argent disponible, le prix des biens doit doubler pour atteindre 100€ également. Avec la même somme, on pourra donc acheter deux fois moins de choses.
3. “Loi Pompidou” : ou loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France. Techniquement, cette loi n’interdit pas à l’état d’emprunter à la banque de France; elle rend cela nettement plus compliqué. Dans les faits, à partir de là, l’état se tourne vers les marchés financiers et les banques privées pour financer ses projets. L’interdiction totale de recourir à la banque de France est effective avec la signature du traité de Maastricht en 1993. Pour en savoir plus, c’est ici
4. Première dépense de l’état : la charge de la dette coûte 46,7 milliards à l’état en 2014, juste devant l’éducation nationale à 46,3 milliards d’euros (source : l’express). Il est à noter que cela ne représente que le paiement des intérêts de la dette, et pas le remboursement de la dette elle même. La charge totale de la dette était par exemple en 2011 de 143 milliards d’euros (dont 55,3 milliards d’intérêts, et 87,7 milliards de remboursement).
5. Dette par français : La dette de l’état est de 30 000 euros par français. Elle est donc payée par nous de manière directe, au travers de l’impôt. Mais aussi de manière indirecte, dans la baisse de la qualité des services de l’état (un budget supérieur à celui de l’Éducation Nationale est alloué à la dette, et n’est donc pas utilisé ailleurs).
La coût de la dette pour chacun de nous semble quasiment invisible car il n’est pas retiré directement de notre compte bancaire, comme le serait un emprunt personnel. Pourtant, Il faut savoir que la dette des ménages est d’environ 15 000 euros par français. Les français remboursent donc en moyenne deux fois plus pour les emprunts de l’état que pour leur propres emprunts !
6. Un déni démocratique : l’article 6 de la déclartion des droits de l’homme et du citoyen (qui est placée en préambule de notre constitution)dit que “la Loi est l’expression de la volonté générale”… Et l’article 14 que “tous les Citoyens ont le droit de constater (…) la nécessité de la contribution publique, (et) de la consentir librement”. Or une loi qui canalise une part des richesses d’une nation vers les mains du monde financier, et qui nécessite pour cela la création de nouveaux impôts, ne peut être au service de la population et avec l’assentiment de celle-ci (l’impôt sur le revenu, créé la même année que la “loi Pompidou”, servait pendant des années à couvrir le coût de l’intérêt de la dette ; aujourd’hui il n’y suffit plus). De fait, la loi qui permet cela actuellement, l’article 123 du traité de Lisbonne, a été refusée par référendum avec le reste du traité (qui sera imposé peu après à l’encontre du vote du peuple).
Ces dénis démocratiques sont graves, et mettent en question la légitimité de l’état (article 16 de la déclartion des droits de l’homme et du citoyen : “Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.”, c’est à dire pas de légitimité démocratique).
Mais le point le plus grave, c’est que le fait que l’état soit dépendant pour ces emprunts du bon vouloir des banques et des marchés financiers, donne à ces derniers un pouvoir de pression énorme sur les orientations de l’état. Surtout que l’état souscrit de nouveaux emprunts à hauteur d’environ 10% du PIB français (environ 200 milliards) chaque année, quasiment exclusivement pour le service de la dette. Résultat, les négociations pour avoir les taux d’intérêts les plus bas possibles se font en contrepartie d’une bienveillance politique pour le monde financier extrêmement néfaste pour le reste de la population. Dans les faits, la défiscalisation de la frange la plus riche de la population coûte presque autant au pays que la dette elle-même. Le coût politique du fait de donner le monopole de la création monétaire aux banques privées est donc encore plus lourd que son coût économique.
7. Article 123 du traité de Lisbonne : “Il est interdit à la Banque Centrale Européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées “banques centrales nationales”, d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.”
8. : Comment en est-on arrivé là ? : les procédés qui ont permis aux banques de prendre tant de pouvoir sur les nations sont différents pour chaque pays, et souvent mal connus car, étant donné la nature anti-démocratique de l’objectif, tout se passe en coulisses.
Le cas le plus emblématique (et le mieux documenté) est le cas américain : en 1910, les leaders du monde bancaire se sont réunis afin de définir l’avenir financier qu’il souhaitaient mettre en place dans le monde : notamment, prendre le monopole de la création monétaire. Par manipulation, corruption et pression (inévitable pour faire passer une proposition qui allait à l’encontre de tous les intérêts du pays), ils ont obtenus qu’une loi reprenant leurs propositions soit votée par le parlement américain en 1913. Dés lors, la création monétaire devenait le monopole des banques privées, et la banque fédérale américaine elle même était privatisée (elle appartient aujourd’hui encore aux mêmes grandes familles).
Cela signifie que le dollar est créé et édité par une banque privée.
Un des autres facteurs qui a permis cela, ce sont les allers-retours des hauts cadres du système bancaire avec le monde politique. Un exemple actuel, une grande partie des postes clefs de l’économie européenne sont occupés par des anciens cadres la banque Goldman & Sachs, en grande partie responsable (voir le documentaire “inside the job”). et grande gagnante de la crise de 2008. Lien
9. Circuits financiers traditionnels : quand vous déposez votre argent à la banque, il est entreposé avec l’argent de tous les autres clients. Les banques utilisent cet argent en le réinjectant dans l’économie pour faire des prêts, financer les activités des entreprises et des particuliers, etc. Les moins éthiques n’hésitent pas à financer des projets extrêmement néfastes pour le bien commun. Deux exemples parmi une multitude d’autres : si vous êtes chez BNP Paribas, votre argent sert entre autre à financer des producteurs de bombes à sous munition (ex : Thales), si vous êtes au Crédit Agricole, des producteurs d’armes à l’uranium appauvri (ATK), etc…